Prague: grande manifestation des syndicats contre les réformes libérales

 

Une grande manifestation syndicale contre les réformes libérales prévues par le gouvernement du Premier ministre Mirek Topolanek a eu lieu le 23 juin 2007 à Prague.

"La réforme, oui, mais seulement si elle est juste", "Non aux coupes", "sauver nos chèques dejeuners", proclamaient les bannières déployées pour cette manifestation d'une ampleur notable pour cet ancien pays communiste entré dans l'Union européenne en 2004.

"Les réformes ne profiteront qu'aux riches et les autres paieront", a déclaré le patron de la plus grande confédération syndicale, le CMKOS, Milan Stech, à la foule réunie sur la place Wenceslas, lieu traditionnel de toutes les grandes manifestations en République tchèque.

"Ce n'est pas une réforme. La réforme doit être pour tous", a-t-il dit lors du rassemblement rythmé par des sifflets et des tambours auquel participaient des représentants syndicaux d'Autriche, de Slovaquie et d'Allemagne.

"L'expérience montre dans plusieurs pays que la réforme est synonyme de dérégulation et de flexibilité du marché du travail", a averti Reiner Hoffmann, de la Confédération européenne des Syndicats.

Selon les syndicats, loin du but affiché d'équilibrer les finances publiques, le programme du gouvernement va entraîner une réduction des revenus de l'Etat, du fait des rabais fiscaux accordés aux sociétés et aux contribuables les plus riches.

Début juin, la fragile coalition de centre-droit a réussi de justesse à faire adopter par les députés le principe de son programme de rigueur économique, qui, selon ses initiateurs, vise à permettre au pays de se conformer aux critères d'entrée dans la zone euro.

Le programme de réformes inclut la mise en place d'un impôt sur les revenus unifié à 15%, - alors qu'actuellement, les tranches supérieures de revenus paient 32% d'impôts-, la baisse de l'impôt sur les sociétés de 24 à 19% et l'augmentation de 5 à 9% du taux réduit de TVA qui touche notamment les produits de première nécessité

Sont également prévues des réductions de dépenses dans le secteur de la santé et des retraites, ainsi que de nombreuses suppressions d'emploi dans le secteur public, avec une réduction annuelle des effectifs fixée à 3% pour les prochaines années.

Les syndicats restent néanmoins partagés sur la possibilité d'une grève générale avant que le texte des réformes ne soit présenté au parlement pour l'adoption finale, dans le courant de l'été.

 

Les syndicats décrètent la grève générale illimitée au Nigeria

 

La principale centrale syndicale du Nigeria a décrété le 18 juin 2007 une grève générale illimitée à partir du 20 juin 2007 en demandant au gouvernement d'abroger une augmentation de 15% de l'essence à la pompe.

Le syndicat ouvrier Nigerian Labour Congress (NLC) et le syndicat des cadres Trade Union Congress (TUC) "appellent leurs adhérents à commencer une grève illimitée le 20 juin.

Outre l'abrogation des deux hausses très impopulaires prises par le président Olusegun Obasanjo au dernier jour de sa présidence, le 28 mai, les syndicats demandent des éclaircissements sur la vente de deux importantes raffineries publiques à des proches de l'ex-président.

Durant le week-end, le négociateur pour le gouvernement, Baba Gana Kingibe, avait assuré à la presse que "le Président Umaru Yar'Adua poursuivait ses consultations et avait appelé à une réunion le 18 juin".

Une première réunion gouvernement syndicat avait échoué le 15 juin et les contacts avaient été rompus depuis lors.

 

Les syndicats du BTP allemand se lancent dans un bras de fer

 

Les salariés du bâtiment de deux Etats régionaux allemands ont voté à une écrasante majorité (87,9%) pour une grève dure à partir du 18 juin 2007 pour défendre les salaires; un mot d'ordre qui pourrait s'étendre à d'autres régions.

La direction du syndicat doit encore entériner la décision de la base de cesser le travail d'une manière illimitée sur les chantiers de Basse-Saxe et Schleswig-Holstein (nord). Il s'agit de la première grève du bâtiment allemand depuis 5 ans.

Les fédérations patronales des deux Länder, qui comptent plus de 110.000 salariés dans le BTP, ont rejeté au début du mois un accord salarial conclu en mai au niveau fédéral, et qu'ils avaient pourtant dans un premier temps accepté comme l'ensemble des autres régions du pays. Cet accord, qui avait été obtenu aux forceps après des mois de négociations, prévoit une augmentation de salaires de 3,5% au 1er juin, puis de 1,5% au 1er avril 2008 et de 1,6% au 1er septembre 2008 pour tous les salariés du bâtiment en Allemagne.

 

Manifestation quotidienne à Mexico contre la réforme de l’Institut de sécurité et des services sociaux des travaileurs d’État

 

Après le conflit post électoral de la fin de l’été dernier, ce sont les salariés du secteur public qui protestent contre l’allongement de 10 ans de la durée de cotisation retraite. 

Les profs mexicains sont dans la rue. Ils manifestent leur opposition à la réforme de l’Institut de sécurité et des services sociaux des travaileurs d’État, l’ISSSTE, l’organisme mastodonte d’assurance maladie qui gère la protection médicale et les retraites des fonctionnaires mexicains.

Pour remédier au déficit de l’ISSSTE, le gouvernement conservateur du président Calderon prévoit d’allonger l’âge de départ à la retraite des 2,6 millions de fonctionnaires mexicains, sans avoir concerté les syndicats. Les professeurs, agents de polices et employés du secteurs public devront attendre désormais –si la loi est adoptée – 60 ans au lieu de 50 ans avant de partir à la retraite. La réforme prévoit également une augmentation des cotisations salariales.

Depuis quelques jours, à l’appel du principal syndicat d’enseignants (CTE), des manifestants ont installé un campement devant le siège de l’ISSSTE. Les grévistes l’ont baptisé “Lomas de l’ISSSTE”, référence ironique aux quartier très huppé des Lomas de Chapultepec à l’ouest de la capitale.

L’ISSSTE traverse actuellement des moments difficiles: le manque de médicaments, de moyens et de personnels dans les hôpitaux affectent tous les jours les patients des hôpitaux. Le gouvernement est parti de ce constat pour justifier la réforme du système d’assurance publique qui devrait bénéficier aux groupes financiers privés.

En 1997, la réforme de l’IMSS qui gère les hôpitaux publics a été menée de manière similaire. Dix ans après, la baisse de qualité des soins et de l’approvisionnement en médicaments laisse augurer du pire pour la réforme de l’ISSSTE.

Aujourd’hui les actions contre la réforme de l’ISSTE vont de la grève dans les secteurs de l’éducation, ouvriers et universitaires, jusqu’à l’édification de cloison et de cabanes devant les bureaux de l’Institut de sécurité et de services sociaux des travailleurs d’Etat. Beaucoup de grévistes sont résolus à occuper les lieux jusqu’au retrait de la loi qui est débat cette semaine au Parlement. Dans ces campements informels, des familles viennent lire, se reposer, discuter, cuisine pour passer le temps de l’attente.

Les fins de journées se terminent généralement par une marche dans les rues de Mexico; pancartes en mains, corne de brume et haut parleur en action. Après des kilomètres de marche, les manifestants regagnent le campement pour manger et continuer leur occupation pendant que la police anti émeutes – la Police Fédérale Préventive, encercle les installations

 

Clôture du 11ème congrès de la CES

 

Hausses des salaires, développement de l'emploi non précaire, flexécurité protégeant les salariés, charte des droits fondamentaux dans tout traité européen, la CES a martelé ses revendications pour les années à venir et exigé de pouvoir négocier ou être entendue par les autorités européennes. Marquées par le combat victorieux contre le principe du "pays d'origine" de l'ex-directive "Bolkestein", ces dernières années ont vu la CES peiner à imposer ses priorités dans l'agenda européen.

D'où l'accent mis sur la nécessité de passer à l'"offensive" par le secrétaire général de la CES, le Britannique John Monks, réélu à la tête de la confédération avec une équipe inchangée lors de ce congrès de quatre jours dans la capitale andalouse.

M. Monks a appelé jeudi à une manifestation européenne à Bruxelles lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE des 21 et 22 juin, afin qu'ils intègrent la charte des droits fondamentaux dans l'avenir institutionnel des 27, comme le prévoyait le traité constitutionnel européen.

Au-delà, la CES veut construire un véritable "dialogue social européen" avec le patronat, au besoin en demandant à l'UE de faire pression sur des employeurs réticents à négocier, notamment sur les questions d'emploi.

Elle souhaite également que la "flexécurité" à la mode dans les discours se concrétise par de nouvelles protections pour les salariés.

Le "manifeste" adopté jeudi, qui condense les 225 pages du programme voté à l'unanimité par les délégués, annonce également des campagnes pour "une augmentation des salaires minimums" et de "vraies hausses de salaires" dans les quatre années à venir.

 

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