Rencontre ministres de l'Education-syndicats : les dossiers qui fâchent

 

Décentralisation, retraites, restrictions budgétaires, réformes en cours, les dossiers "qui fâchent" les enseignants devraient être au centre des rencontres, à partir de mardi soir, entre les ministres de l'Education Luc Ferry et Xavier Darcos et les syndicats.

 

Si MM. Ferry et Darcos envisagent ces entretiens sous l'angle du "dialogue" et des "explications", les syndicats disent "exiger l'ouverture de véritables négociations sur l'ensemble des questions" portées par la mobilisation actuelle.

 

Avec les autres fonctionnaires, les enseignants sont mobilisés contre la réforme des retraites. Ils sont nombreux à être concernés, puisque 162.367 professeurs de collèges et lycées et 116.992 professeurs des écoles et instituteurs doivent prendre leur retraite d'ici 2010.

 

La décentralisation engagée par le gouvernement est aussi au centre de la grogne. Il s'agit de transférer au total 110.000 personnels non enseignants aux collectivités locales : médecins scolaires, assistantes sociales, conseillers d'orientation-psychologues, ouvriers et agents d'accueil.

 

Par la suite, les personnels administratifs qui gèrent les personnels transférés dans les rectorats seront eux aussi transférés aux collectivités locales.

 

La vague de décentralisation ne concerne pas les enseignants ni les infirmières scolaires, mais les syndicats, très attachés à l'unité du service public et de la "communauté éducative", dénoncent un "démantèlement programmé du service public d'éducation", une "privatisation rampante".

 

Le mouvement de décentralisation concerne aussi les futurs "assistants d'éducation", appelés à remplacer les 60.000 aides-éducateurs de l'Education nationale et les 50.000 surveillants à partir de l'an prochain.

 

Les 16.000 nouveaux "assistants d'éducation" auront un statut de droit public, mais seront recrutés localement et non par concours national.

 

Dans l'enseignement supérieur, il s'agit plutôt de donner une autonomie financière aux universités et plus de pouvoir aux présidents. Un projet de loi doit concrétiser la réforme.

 

Les syndicats continuent à s'opposer également aux réductions de postes et de crédits (1,2% du budget 2003) : suppression de 5.600 postes de surveillants au budget 2003, fin du dispositif emplois-jeunes, abandon du plan pluriannuel de recrutement d'enseignants.

 

 

Le fossé se creuse entre les syndicats enseignants et le gouvernement

 

 

Une rencontre entre les ministres chargés de l'Education, de la Fonction publique et de la décentralisation et les fédérations et syndicats d'enseignants a "tourné court" vendredi 14 mars, après "moins d'une heure de discussion", selon les syndicats. Ils refusent de discuter des modalités de transfert des personnels aux collectivités locales, annoncées par le gouvernement.

 

La décentralisation est l'un des principaux motifs de la grève générale du 18 mars, lancée par les grandes fédérations enseignantes, l'association de parents FCPE, et le syndicat d'étudiant Unef.

 

La grogne des syndicats est montée d'un cran depuis le 28 février, jour où le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a dévoilé les grandes lignes de son chantier-phare, qui entraînera le transfert de 150.000 fonctionnaires de l'Etat vers les collectivités locales.

 

Sur ce total, 110.000 viendraient de l'Education nationale : médecins scolaires, assistants sociaux, conseillers d'orientation, psychologues, techniciens, ouvriers et employés de service, qui deviendraient ainsi des fonctionnaires territoriaux et perdraient le statut de la fonction publique d'Etat. Les syndicats refusent ce qu'ils considèrent comme un "démantèlement du service public", et une porte ouverte à la privatisation pure et simple de certains services, comme la restauration collective, par exemple.

 

 

Grève le 3 avril contre la décentralisation dans l'éducation

 

Une première grève intersyndicale des personnels non enseignants de l'éducation menacés de décentralisation, "prélude à un mouvement national d'envergure" est prévue pour le 3 avril.

L'appel à la grève a été lancé par l'ensemble des fédérations de l'éducation (y compris FO qui rejoint les autres pour la première fois), intéresse l'ensemble des personnels devant être transférés de la fonction publique d'Etat aux collectivités territoriales.

Il concerne également tous les autres non enseignants, dont les administratifs (soit au total près de 300.000 personnes) qui, selon les syndicats, "ne sont qu'en sursis de démantèlement programmé du service public d'éducation".

"Nous avons lancé un front du refus. Nous sommes tous unis, tous solidaires, pour la première fois depuis des décennies ensemble dans l'action. L’Intersyndicale prévoit également une manifestation nationale à Paris à la mi-mai.

 

Grève à l'imprimerie nationale

 

A l'appel des syndicats CGT et CFDT, les salariés des usines de Paris, Douai et Evry de l'imprimerie nationale seront en grèves pour s'opposer à un deuxième plan social suite à la prévision de suppression de 911 postes fin 2004.

 

GIAT Industries:

Les salariés jugent le plan de restructuration insuffisant

 

La consultation des salariés du groupe public d'armement terrestre GIAT Industries, organisée par la CGT, fait apparaître que 71,3% d'entre eux jugent "insuffisantes" les améliorations apportées au plan de restructuration GIAT 2006, a annoncé le syndicat.

 

L'établissement de Saint-Chamond (Loire), dont la fermeture est prévue dans le cadre de ce plan, a été le dernier des huit centres où les salariés se sont exprimés: 83,1% d'entre eux ont jugé "insuffisantes les évolutions des discussions (intervenues entre la direction et les organisations syndicales) pour assurer une solution acceptable à chaque salarié du groupe".

 

Sur l'ensemble des sites où la consultation a eu lieu, le taux de participation a été de 61,6%, avec 3.298 votants sur les 5.351 salariés inscrits, précise la CGT. Parmi eux, 71,3% (soit 2.191) ont jugé insuffisants et 28,7% (soit 884) ont estimé suffisants les amendements apportés ces derniers mois au plan de restructuration, qui a notamment vu le nombre de suppressions d'emplois prévues ramené de 3.750 à 3.400.

 

Cette consultation avait commencé le 18 février dernier. Elle doit se poursuivre par la consultation des salariés de la filiale à 100% de GIAT Industries, Manurhin Cusset (Allier), le seul fabricant français de munitions de petit et moyen calibre.

 

 

Un comité central d'entreprise est prévu le 27 février à Versailles-Satory (Yvelines), où se trouve le siège du groupe, pour clore la procédure sur le plan de restructuration, qui prévoit donc 3.400 suppressions d'emplois sur 6.250 d'ici juin 2006, entamée en avril dernier.

 

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