Hausse du chômage : l’Autre Politique est nécessaire !

 

La nouvelle hausse du chômage annoncée ce jour est symptomatique de l’enlisement de l’économie mondiale et du renoncement du gouvernement français à mener une quelconque politique. Le combat pour l’emploi ne semble même plus faire partie de ses priorités, ni même de ses buts politiques.

 

Mois après mois, l’économie française s’affaiblit sous l’effet conjugué du libre-échange total, de l’économie casino et de l’abandon du peuple par des gouvernants ayant abandonné l’essentiel des moyens gouvernementaux pour les transférer aux instances européennes et internationales. De nombreux départements sont sinistrés et, de toutes parts, on entend remonter la litanie des fermetures d’entreprises et des plans de licenciements.

 

La volonté politique pourrait permettre à la France d’inciter le monde à revoir un système monétaire international contre-productif. La volonté politique pourrait également permettre à la France d’appeler ses amis européens à sortir du carcan budgétaire imposé depuis le Traité de Maastricht. Sortir des funestes erreurs des dogmatismes monétaire et budgétaire, que nos gouvernants feignent de considérer comme inéluctables, est la pierre angulaire de la reconquête du progrès par les Français.

 

Il faudra également parvenir à mener une véritable politique industrielle associant un Etat qui soit une force d’impulsion, une politique de recherche et d’innovation digne de ce nom, une restauration des services publics et d’une administration vigoureuse et efficace. L’autre politique, celle de la raison et du cœur, est là.

 

Mais ce gouvernement soumis au libéralisme sans frein et à l’économie « Las Vegas » qui voit les licenciements des uns nourrir les comptes en banques des autres, qui prive la France de sa colonne vertébrale qu’est l’Etat, peut-il seulement comprendre à quel point il y a urgence ?

 

Paris, le 6 mai 200

 

 

 

En annonçant une croissance 0 des dépenses publiques en 2004, c'est vers la croissance 0 et même vers la récession de l'économie tout entière que nous conduit tout droit Jean-Pierre Raffarin. Cette décision est l'aveu d'une politique d'ultra-austérité : aujourd'hui c'est clair, Raffarin c'est super Juppé.

 

Cette décision se traduira immanquablement par une régression de l'investissement public et un recul des politiques sociales. C'est dire que le Docteur Raffarin se livre à une euthanasie active de la croissance économique et organise l'indifférence de l'Etat aux difficultés économiques et sociales des Français.

 

Paris, le 16 mai 2003

 Raffarin face aux grèves : de l’irrespect en République

Jean-Pierre Raffarin vient de déclarer qu'il considère les grévistes comme des minorités qui ne respectent pas la République. Manifestement, le Premier Ministre ne sait pas ce que c'est que la République, et notamment que le droit de grève est inscrit dans la Constitution républicaine.

 

Au reste, il est clair pour les travailleurs que ce sont notamment les grévistes qui défendent l’espoir d’une République sociale, avec l’avancée qui a été réalisée à la Libération. A l’inverse, le Premier Ministre, lui, défend les intérêts de la finance mondialisée, notamment en acceptant à Bruxelles la future remise en cause des régimes spéciaux et la création des fonds de pension.

Allocution de Georges SARRE

A Sciences Politique

Lundi 19 mai 2003

Chers amis,

 

Avant d’en venir au cœur du débat, je voudrais vous dire que, contrairement au Professeur Marc Lazar, qui vous reprochait la semaine dernière de vous comporter comme des ouvriers d’usine en grève, je suis heureux, pour ma part, que des jeunes gens, que des étudiants d’un Institut d’Etudes Politiques, que d’aucuns disent volontiers coupés du monde, soient capables de comprendre les enjeux sociaux de leur temps, et de se mobiliser pour défendre et revendiquer leurs idées républicaines et sociales.

 

Au-delà de l’action sociale, vous avez raison de porter le débat sur un plan politique. Car c’est bien une question politique qui vous est posée à travers l’initiative de Richard DESCOINGS et celles du Ministre de l’Education Nationale concernant l’enseignement supérieur.

 

D’ailleurs, la lettre que Richard DESCOINGS vous a adressée il y a deux semaines, ne cache pas qu’elle vise l’enseignement supérieur en général, et ne cache pas son orientation politique : elle repose sur une idéologie libérale patente ! Elle part du double postulat selon lequel d’une part l’enseignement supérieur, et notamment Sciences Po, est en concurrence dans la mondialisation libérale, et selon lequel d’autre part l’Etat n’a pas à financer l’évolution des dépenses de l’enseignement supérieur. En somme, Richard DESCOINGS n’hésite pas en filigrane à présenter l’enseignement supérieur comme un service marchand. Rien d’étonnant dès lors qu’il réclame à ses étudiants, pardon, à ses clients, de payer les services au prix fort !

 

Et l’emballage cosmétique des libéraux qui dirigent Sciences Po et le gouvernement ne dupe personne. Quelle que soit la charité avec laquelle ils prétendent vouloir traiter les défavorisés (hier le cache-sexe des conventions ZEP, aujourd’hui la promesse de progressivité des droits), la charité n’est pas l’égalité ! L’égalité devant l’enseignement supérieur, la véritable égalité des chances, a pour condition nécessaire la gratuité. Cette condition n’est évidemment pas suffisante : il faut information, préparation, bourses nationales adaptées et conséquentes, etc. Mais ce n’est pas parce que la gratuité n’est pas suffisante pour assurer l’égalité des chances que sa suppression favorise l’égalité des chances, soyons sérieux ! Vous voulez démocratiser Sciences Po ? Bravo ! Qu’à cela ne tienne ! J’ai indiqué à l’Assemblée Nationale il y a plusieurs années déjà, qu’il faudrait réfléchir à un concours d’entrée en Premier Cycle, moins discriminant socialement. Qui se refuse à revoir l’épreuve de langues ou de culture générale, si ce n’est la Direction ? J’ai réclamé aussi devant l’Assemblée des classes publiques préparatoires à Sciences Po pour assurer une égalité sociale et spatiale devant le concours unique, seule garantie d’égalité d’accès. Qui s’y est toujours refusé ? La Direction de Sciences Po ! Alors, Monsieur le Directeur, s’il vous plaît, ne prenez pas les étudiants pour des naïfs. Votre souci n’est pas la démocratisation. Vos alibis caritatifs ne nous trompent pas. Votre approche est profondément anti-sociale, anti-service public.

 

Cette initiative à Sciences Po s’inscrit d’ailleurs dans la droite ligne des projets Ferry concernant l’autonomie des universités ou encore la possibilité qui leur serait donné d’acquérir le statut d’établissement technologique, et donc d’être financées plus largement par les entreprises. Sur fond de gel des crédits alloués à l’enseignement supérieur (ou plutôt de dégel, car ils fondent comme neige au soleil !) c’est un enseignement supérieur obéissant à une logique privée qui se dessine ! Pensez-vous franchement que les enseignants, que les étudiants, pourront travailler librement s’ils doivent rendre des comptes aux entreprises et aux banques ? Pensez-vous franchement que les classes moyennes ou les pauvres pourront accéder à l’enseignement supérieur si les droits explosent, notamment dans les meilleurs établissements ? C’est vers un système à l’américaine que nous emmène le trio RAFFARIN-FERRY-DESCOINGS ! Un paysage dans lequel la discrimination positive et la pseudo-progressivité équitable ne sont que des instruments supplémentaires pour casser l’égalité et la justice en toute bonne conscience !

 

Et bien désolé ! Pour moi, pour le Mouvement Républicain et Citoyen, pour la Gauche républicaine, l’enseignement supérieur n’est pas une marchandise. C’est un Service Public. C’est même plus qu’un Service Public, c’est une fonction régalienne de l’Etat. Peut-être même l’instruction publique est-elle LA PREMIERE fonction régalienne de l’Etat, puisque c’est largement à travers l’Education Nationale, dont l’Enseignement Supérieur public est partie intégrante, que nous « faisons société ». Et je considère donc que l’enseignement supérieur doit obéir au principe de gratuité. Que cette gratuité ne soit pas absolue, je le conçois. Les Universités peuvent avoir besoin d’une petite part de financement autonome pour donner un peu de souplesse à leur gestion. Mais à condition que les droits restent raisonnables –certainement pas 4000 Euros par an !- et qu’un système de bourses nationales, qui tienne compte des besoins réels des étudiants et qui est le juste corollaire de leur devoir de sérieux, soit effectivement mis en place. On n’entend pas beaucoup le gouvernement et la majorité actuelle sur cette question des bourses nationales d’études !

 

A l’intérieur du système éducatif public, Sciences Po doit assumer son rôle historique. Celui d’une formation générale d’excellence. Ce n’est pas, et ça ne doit pas devenir, une super-école de management. Excellence, oui ! Concurrence internationale avec les business school, non ! Même si ce serait peut-être l’aboutissement des rêves d’un Directeur qui se comporte en P.D.G..

 

Quel genre de P.D.G. d’ailleurs ? Michel BON ? Jean-Marie MESSIER ? Car enfin, on nous dit que Sciences Po est exsangue, on nous parle des recettes, qui doivent augmenter, mais on ne donne pas de compte, aux salariés, aux étudiants, aux parlementaires, sur les dépenses de l’Institut, et leur adéquation avec ses missions de Service Public. Ce n’est plus de l’autonomie, c’est de l’opacité ! Le Mouvement Républicain et Citoyen, réuni mercredi dernier en Secrétariat National, a chargé le Sénateur Jean-Yves AUTEXIER de déposer une demande de commission d’enquête parlementaire sur la F.N.S.P. et l’Institut d’Etudes Politiques.

 

La Gauche républicaine continuera par ailleurs à plaider, comme je l’ai toujours fait, pour un I.E.P. pleinement intégré au Service Public, et qui se donne vraiment les moyens justes d’une démocratisation dans l’excellence. Plus généralement, nous nous battrons pour la gratuité, la qualité, et l’accessibilité de l’enseignement supérieur, et pour tout ce qui contribue à l’égalité des chances, que seul un Service Public bien doté et bien géré peut assurer dignement.

 

Nous sommes donc pleinement aux côtés des étudiants de Sciences Po pour dire non à la marchandisation de l’enseignement supérieur, non à la logique privée, fût-elle partiellement caritative, et oui à la justice et à l’égalité devant le savoir !

 

C’est pourquoi, j’invite Monsieur le Directeur DESCOINGS à retirer son projet.

Paris, le 10 juin 2003

 

 

Ile de la Réunion : le gouvernement pratique-t-il la politique du pire ?

 

 

Le Ministre de l’Education National a fait référence, en parlant de la situation dans l’Ile de la Réunion, à une « situation insurrectionnelle ».  Ces allégations du Ministre ne font que rajouter à une situation politique et sociale locale déjà tendue.

 

Il est à souhaiter que dans l’île et ailleurs le gouvernement n’ait pas l’idée de pratiquer une ligne purement répressive. Les manifestations calmes et pacifiques des syndicats sont l’objet de contre-manifestations violentes dont on ne connaît pas les organisateurs mais qui n’ont rien de spontané. A La Réunion, comme partout en France, les conflits sociaux doivent se régler par la discussion dans le calme et la paix républicaine. Puisse le gouvernement contribuer pleinement au retour au calme.

Paris, le 26 mai 2003

 

 

 

Retraites : il n’est pas trop tard, le gouvernement doit négocier.

 

 

La mobilisation du dimanche 25 mai a été massive. Le MRC qui avait rejoint les manifestants se félicite donc d’une affluence considérable, révélatrice du désir des Français de maintenir un système social juste et de défendre une retraite par répartition hypothéquée par les projets gouvernementaux.

 

Le gouvernement ne peut rester sourd à ce qui s’est passé dimanche. Messieurs Raffarin et Fillon doivent rouvrir les négociations et saisir la main tendue par les salariés. Il n’est pas trop tard pour écouter les Français et il n’est pas trop tard pour travailler à une réforme des retraites allant dans le sens du progrès social. Il faut reprendre les négociations.

 

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